mercredi 30 octobre 2013


Insomnie brutale, où le cerveau ne sait plus distinguer le phantasme de la réalité, fantasme allégorique comme un radeau sur une mer de boue sans bouée. Quand est-ce que la vie commence ? Quand tu prends conscience que tu peux en faire c’que tu veux. Dans la foule, je me sens flouée de réalité, personnalité. Onde visible et malléable, miroir de toi-même, je me fond dans un personnage mésadapté, brisé, ondulé et friable, c’est un reflet ; une lumière entraperçue et violée de son voile fumeux. Des yeux baissés, sournois peut-être, ou trop méfiants. Peur de se perdre soi-même au-travers du monde, y-a-t-il une géographie de l’âme ? Voilier sans maître, rônin errant aux bottes salies par la suie d’une salope de vie. Mes yeux numériques se meurent et brûlent et s’entortillent de liens virtuels, s’écrasent sans bruit sur la face nue du cerveau collectif, illusion de l’instinct malsain. Junkie du substitut. Mythomane. Stupid little dreamer. Quand l’inconscient drive along your fucking song, ça donne parfois des trucs pas propres.

On se perd, la sortie du labyrinthe n’est pas la réponse, le X de ta map n’est pas ton but, emmêle-toi les pieds sur la route imbibée d’imprévus et t’auras au moins de bonnes histoires à raconter. Meaningless. Useless. Fuck it, j’te riderai jusqu’à c’que tu t’perdes entre mes cuisses, môme vierge de mes pensées perverses. Ivresse de fesses, un loup peut-il vraiment être tenu en laisse ? La pensée qui court plus vite que la parole ; crisse non j’suis pas muette, c’est la muselière imposée par ta pauvreté de mentalité. High sur la vie, pas besoin d’dope quand t’es né freak, die freak. Fais chier ma race de fucké, une vie entière sur le bout des doigts, solide comme un tas d’brindilles, faucille symétrique ; existence de papier.

J’suis tannée d’expirer, perdre un souffle que t’as pas eu l’temps de savourer, mourir à chaque clignement d’pupilles cernées de sang. Cernées des rides d’un étang trop vieux ; l’eau stagnante servira de nid à ma carcasse de chimère, celle que j’observe d’ici, réflexion déjà soucieuse de sa mort. Lampion fragile à la flamme incertaine, mais tant que le feu danse t’as peur de t’y brûler.

vendredi 3 mai 2013

Aujourd'hui je suis sur Internet. Parce que je sais pas quoi faire d'autre. Parce que je sais plus quoi faire d'autre. Parce que j'ai vécu trop longtemps proche de la chair, je sais plus quoi foutre avec de bêtes pixels. L'inaction entraîne l'inaction, je suis une loque humaine. J'ai pas envie de rien faire. Ouais, ça fait longtemps que cette sensation ne m'était pas venue, c'est étrange et familier. Pas dans le bon sens, hélas. J'aurais envie d'herbe verte et mouillée par la pluie. Pas de bitume gris et souillé. Danser. Voir les étoiles. Goûter à cet air du soir, enivrant, incomparable. Ma vie pour des lucioles. Mon exode a commencé il y a quatre mois. L'exode des sentiments. Quelque chose que je n'avais jamais, ô grand jamais vécu. Un bonheur complet. Pendant quatre petits mois. Quatre petits mois. Et pourtant, quand je repense à ces instants. "Quoi, pourquoi tu ris !?" "J'me dis juste que c'est probablement l'un des plus beaux moments de ma vie." Je suis une loque humaine. Sotte effluve, essence de toi. Attendre d'atteindre les cimes. Mais je rêve de prairies. Quelque chose de plat. Quelque chose de confortable et stable. Comme ces premiers jours de printemps dans l'herbe jaune et morte, le soleil jaune et vif. Comme on se foutait de tout. Et là. Ici. L'hiver a été chaud sous les draps mais le printemps aura de la difficulté à panser mes engelures. Griffures. À trop aimer. Ma vie pour des étoiles. J'ai toujours aimé les orages. Tout est calme, suffit d'une simple petite perturbation pour tout faire péter. Je suis l'enfant de cassures. Brisé. Trop passionné peut-être. Ce ne sont que des mots. Je contemple mes doigts vaquer sur la surface dure et noire. Je voudrais. Je meurs pour. Des choses vivantes. Je pleure pour. Des choses vibrantes. Que je ne peux toucher. Et quand je m'abîme dans l'abysse de mon lit, perdu, tu n'aurais jamais existé. Car tu ne vis que sous mes doigts. Et mes yeux. Aveugles. Morts. Qui te quêtent la vie, pénombre vermeil. Les notes enivrent, mieux le vin ou le hashich. À jeun le souvenir ravive ce que le conscient a ignoré. La mélodie. Un ciel blond sous un soleil cendré. L'oiseau planant. Sur la rivière noire. Que je ne puisse me baigner à jamais dans ces rêves vains, qui composent l'hymne. De ma non-vie. Insipide. Limpide. De l'eau. Noyez-moi, bête immonde, que je ne puisse enfanter autre honte. Que celle de ne t'avoir regardé tout le temps que je le pouvais. L'eau. Encore. Le tonnerre. Tuez-moi. Que je dorme encore. De ce sommeil trop bon, trop las, à ce plaisir que je ne peux raisonner, ce délire de l'illicite, s'évaporer à la réalité car l'allité ne veut que fuir. Là. La faible fille courbant sous l'humanité son échine trop puissante, pour cacher. Le sublime. J'ai les yeux morts de la réalité. L'ouïe erronée d'un cerveau bourré du néant auquel on a menti. Que ne donnerais-je pas pour ces visions, immatérielles. Croissantes telles les bras d'une étoile. De mère. La joie du sang, l'anarchie des sentiments. Pourquoi paradoxer sur des choses qui ne veulent rien dire. Remplir. Ma langue. Car la chair n'est plus tant que l'âme ne la touche pas. De ses taches. D'encre. Les amours de papier. Jalousie. Ne pas posséder ce que l'autre a eu. C'est brisé. Silences et sourires dans l'ombre. Éphémère. Une fumée âcre. Ces spectres qu'autrefois tu as possédé, j'aurais voulu les écarteler dans la messe d'un orgue. Qui répétera à jamais les accords. De ces pièces usées. Cendres. Germeront mes pensées. À la manière d'une infamie. Qui n'aurait pas dû jouir. L'éclatement d'un crâne déjà fêlé à la naissance, une chaîne de fer cinglée à une brindille. Ô. Ce soleil, mon amour. Que j'ai voulu saisir. Trop tôt. À l'aube d'un jour trop froid, au pénombre de jours trop craintifs. Pour quatre lunes. Oui. J'y ai tenu. Ce miel, datant des veilles aux mains de duvet. Le lait. Ô rêves fertiles, que j'ammènerai avec moi dans cette clarté incendière. Malgré. Ces bouts de métal. Qui me resteront. Et te blesseront. Et je me baignerai dans cette étang, comme autrefois, et les lucioles voleront à nouveau et l'arbre de mes visions en sentinelle sur moi, ce sera comme mon rêve mais en mieux car le soleil ne sera plus que dans ma bouche. Tu me le tendras. À la limite de tes cils. Escarbilles. De ces lucioles. Que je ne reverrai plus de mes yeux. Mais des tiens. Deux bras verts et bleus.

mercredi 21 septembre 2011

Bleurflurgahbudlerghduuh...
Ceci inaugure le premier article que je ferai dans ce blog qui, soit dit en passant, n'a aucun but précis, aucune vocation particulière. À partir de maintenant, tout ce qui s'y retrouvera ne sera que déchêt de ma pensée, lacune de mon esprit, chiurre de mon âme. Vous remarquerez que j'aime bien écrire des onomatopées relativement spontannée telles que celle faisant office de mot d'introduction ; je trouve que c'est une belle manière de traduire ce qui se trouve dans mon esprit. Quelques fois, les seuls mots ne suffisent pas. Je suis présentement en train d'écouter Homework de Daft Punk. Il y a quelque chose d'inspirant, d'hypnotisant dans leur musique, quelque chose qui permet une circulation autrement plus fluide et libre des idées, c'est un fond sonore idéal pour le cerveau, surtout pour l'écriture de billets ératiques comme celui-ci. Bon, je crois qu'il serait peut-être temps de se présenter... Mais en fait, non, je préfère garder un anonymat relatif, c'est plus facile de cette façon. Je ne suis qu'une entité pensante dans un univers pixelisé qui circule dans un monde vaste et inconnu, un monde d'ondes cérébrales, d'ondes musicales qui parfois s'entremêlent afin de former une symbiose parfaite, le temps d'une mélodie, d'un rythme. Je ne sais pas pourquoi, je ne comprend pas pourquoi les êtres humains veulent à tout prix mettre un nom sur tout ce qu'ils voient, identifier, s'approprier. Laissons les choses être comme elles sont. Elles sont, tout simplement. Nous sommes. Je suis. Tu es. Y'a rien de compliqué là-dedans, il me semble. C'est la peur de l'inconnu : l'homme doit absolument barricader son p'tit monde derrière des balises bien délimitées par crainte de voir le tout éclater en un chaos horrifique et incontrôlable. Qui a dit que le chaos était une mauvaise chose ? Je vis dans un chaos continuel, un chaos cérébrale pas possible. Oui, c'est parfois vraiment étrange et électique. Comme un brouillard. Un brouillard éternel qui t'embrouille les pensées et englue ta raison dans une mélasse épaisse et transparente. J'ai souvent une certaine misère à discerner la réalité du rêve, le rêve de la réalité ; tout s'entremêle et se fusionne, la perception du temps et des choses qui m'entourent est momentannément eronnée et je me prend à ne plus savoir comment agir, comment parler, comment penser. J'ai longtemps pensé que j'était atteinte d'un sorte d'autisme ou un truc dans le genre. Le problème c'est qu'on ne m'a jamais diagnostiqué ainsi et que je ne montre aucun symptôme de cette maladie à part une certaine déconnection d'avec la réalité. Puis, j'ai pensé à la schyzophrénie mais c'est une option trop extrême puisque j'ai aucune hallucination. Puis enfin j'me suis juste dit : fuck off. T'as l'esprit un peu dérangé, fais avec, vis ta vie et essaie de ne pas trop t'en préoccuper. Sauf que parfois, ouais, c'est assez moche. Tu essaie de vivre le moment présent au maximum, mais t'as jamais l'impression d'être vraiment là. Tu regardes autour de toi, tu entends, tu touches, tu ressens, mais y'a quelque chose qui manque, comme le certitude que tout ce qui se passe est réellement réel. Oui, je m'emporte, y'aura probablement pas grand monde pour comprendre ce que je ressens mais je tiens à le partager. Ça donne un petit soulagement. Hey, j'sais pas si vous avez remarqué, mais la vie, c'est vachement bizarre quand ça veut. Y'a pas longtemps, j'aurais jamais pensé vouloir partager mon existence avec qui que ce soit, surtout pas avec un autre être humain qui aurait ressenti la même chose envers moi. Je parle des relations affectives entre deux individus, oui, je parle bien de ceci. C'est étrange, quand même. Penser que deux organismes vivants d'origine différente, ayant tous deux leurs idées, leur vécu, leurs ambitions propres, veuillent partager de l'affection, voir... de l'amour ! avec quelqu'un d'autre... Il y a quelque chose de véritablement troublant là-dedans. Je parle de cela puisque je suis en train de le vivre. Comme la plupart des gens, certainement, à la différence que je n'aurais jamais pensé que mon cerveau aurait cédé à ce genre d'activité humaine. 'Fin bon, ça a ses avantages, par contre. On se sens moins seul dans la marée humaine, puisque l'ont sais que quelque part dans l'immensité obscure du monde, il existe cet autre humanoide qui vit à peu près la même chose, dans des lieux, dans des temps différents, mais quand même. Je le souhaite à tout le monde, c'est une sensation extraordinaire et ça fait encore plus de bien que ce que l'on pourrait imaginer. Je me suis longtemps satisfaite dans la solitude, me fermant aux autres par peur d'être rejetée, par peur de... En fait j'en sais rien. Peut-être un réflexe de survie, de défense envers une société envers laquelle on n'a pas confiance, que l'ont voudrait quitter mais dans laquelle on est englué, prisonnié comme d'une immense toile d'araignée. Car c'est cela, finalement : le gouvernement est cette horrible et imposante créature polyjambiste qui nous observe à partir de son trône innateignable et maudit, de ses multiples globes oculaires, impitoyable envers le gibier que nous sommes. Quelle pitié ? Aucune. Il se cache derrière la gentille grimace des bien-heureux et, innocents citoyens, nous le croyons. Ayons pitié de nous-mêmes. Sur ce, je vous quitte chers amis de pixels, en me délectant à l'avance de la peur que je susciterai en vous devant cet immense paragraphe écrit en pattes de mouches qui semble bourré d'informations intéressantes et utiles à votre survie mais qui dans le fond, n'a comme but que de vous faire perdre votre temps. Et le pire c'est que j'ai réussi. Et le pire c'est que vous venez de perdre.