Aujourd'hui je suis sur Internet. Parce que je sais pas quoi faire d'autre. Parce que je sais plus quoi faire d'autre. Parce que j'ai vécu trop longtemps proche de la chair, je sais plus quoi foutre avec de bêtes pixels. L'inaction entraîne l'inaction, je suis une loque humaine. J'ai pas envie de rien faire. Ouais, ça fait longtemps que cette sensation ne m'était pas venue, c'est étrange et familier. Pas dans le bon sens, hélas. J'aurais envie d'herbe verte et mouillée par la pluie. Pas de bitume gris et souillé. Danser. Voir les étoiles. Goûter à cet air du soir, enivrant, incomparable. Ma vie pour des lucioles. Mon exode a commencé il y a quatre mois. L'exode des sentiments. Quelque chose que je n'avais jamais, ô grand jamais vécu. Un bonheur complet. Pendant quatre petits mois. Quatre petits mois. Et pourtant, quand je repense à ces instants. "Quoi, pourquoi tu ris !?" "J'me dis juste que c'est probablement l'un des plus beaux moments de ma vie." Je suis une loque humaine. Sotte effluve, essence de toi. Attendre d'atteindre les cimes. Mais je rêve de prairies. Quelque chose de plat. Quelque chose de confortable et stable. Comme ces premiers jours de printemps dans l'herbe jaune et morte, le soleil jaune et vif. Comme on se foutait de tout. Et là. Ici. L'hiver a été chaud sous les draps mais le printemps aura de la difficulté à panser mes engelures. Griffures. À trop aimer. Ma vie pour des étoiles. J'ai toujours aimé les orages. Tout est calme, suffit d'une simple petite perturbation pour tout faire péter. Je suis l'enfant de cassures. Brisé. Trop passionné peut-être. Ce ne sont que des mots. Je contemple mes doigts vaquer sur la surface dure et noire. Je voudrais. Je meurs pour. Des choses vivantes. Je pleure pour. Des choses vibrantes. Que je ne peux toucher. Et quand je m'abîme dans l'abysse de mon lit, perdu, tu n'aurais jamais existé. Car tu ne vis que sous mes doigts. Et mes yeux. Aveugles. Morts. Qui te quêtent la vie, pénombre vermeil. Les notes enivrent, mieux le vin ou le hashich. À jeun le souvenir ravive ce que le conscient a ignoré. La mélodie. Un ciel blond sous un soleil cendré. L'oiseau planant. Sur la rivière noire. Que je ne puisse me baigner à jamais dans ces rêves vains, qui composent l'hymne. De ma non-vie. Insipide. Limpide. De l'eau. Noyez-moi, bête immonde, que je ne puisse enfanter autre honte. Que celle de ne t'avoir regardé tout le temps que je le pouvais. L'eau. Encore. Le tonnerre. Tuez-moi. Que je dorme encore. De ce sommeil trop bon, trop las, à ce plaisir que je ne peux raisonner, ce délire de l'illicite, s'évaporer à la réalité car l'allité ne veut que fuir. Là. La faible fille courbant sous l'humanité son échine trop puissante, pour cacher. Le sublime. J'ai les yeux morts de la réalité. L'ouïe erronée d'un cerveau bourré du néant auquel on a menti. Que ne donnerais-je pas pour ces visions, immatérielles. Croissantes telles les bras d'une étoile. De mère. La joie du sang, l'anarchie des sentiments. Pourquoi paradoxer sur des choses qui ne veulent rien dire. Remplir. Ma langue. Car la chair n'est plus tant que l'âme ne la touche pas. De ses taches. D'encre. Les amours de papier. Jalousie. Ne pas posséder ce que l'autre a eu. C'est brisé. Silences et sourires dans l'ombre. Éphémère. Une fumée âcre. Ces spectres qu'autrefois tu as possédé, j'aurais voulu les écarteler dans la messe d'un orgue. Qui répétera à jamais les accords. De ces pièces usées. Cendres. Germeront mes pensées. À la manière d'une infamie. Qui n'aurait pas dû jouir. L'éclatement d'un crâne déjà fêlé à la naissance, une chaîne de fer cinglée à une brindille. Ô. Ce soleil, mon amour. Que j'ai voulu saisir. Trop tôt. À l'aube d'un jour trop froid, au pénombre de jours trop craintifs. Pour quatre lunes. Oui. J'y ai tenu. Ce miel, datant des veilles aux mains de duvet. Le lait. Ô rêves fertiles, que j'ammènerai avec moi dans cette clarté incendière. Malgré. Ces bouts de métal. Qui me resteront. Et te blesseront. Et je me baignerai dans cette étang, comme autrefois, et les lucioles voleront à nouveau et l'arbre de mes visions en sentinelle sur moi, ce sera comme mon rêve mais en mieux car le soleil ne sera plus que dans ma bouche. Tu me le tendras. À la limite de tes cils. Escarbilles. De ces lucioles. Que je ne reverrai plus de mes yeux. Mais des tiens. Deux bras verts et bleus.
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